La confession de Diogène de Raymond Guérin

Raymond Guérin est né à Paris le 2 août 1905. Après des études à Poitiers, il est apprenti dans des palaces parisiens, expérience qui lui inspirera «L’Apprenti». Avant la guerre, il s’installe comme agent d’assurance à Bordeaux. Il passe une partie de la guerre dans un camp de représailles, période retracée dans «Les poulpes». Il meurt à Bordeaux en 1955. Sa correspondance avec l’écrivain Henri Calet est passionnante.

 » On m’a appelé Diogène le cynique, citoyen de l’univers, chien royal, que sais-je encore ? et je suis né à Sinope, mais je crois que j’aurais tout aussi bien pu naître à Paris si cette ville avait existé de mon temps.  » nous prévient Guérin.

Le « malotru » Diogène, vous connaissez ? Elève d’Antisthène, fondateur de l’école cynique, le plus célèbre des cyniques, provocateur, méprisant les richesses, il vécut de rien, ne respectant aucune convention sociale et recherchant l’harmonie avec la nature.

Raymond Guérin reste un écrivain injustement oublié, encore trop méconnu.
« La Confession de Diogène », publié en 1947 ranime Diogène, Diogène dit « le chien ». Il reprend ses pas, pas à pas, de Sinope à Athènes pour un poétique voyage dans le temps.
Ici et là-bas, les paysages sont splendides, les mots-précipices donnent le vertige, le chemin rend riche.
L’auteur va vivre, nous faire vivre la vie quotidienne de Diogène.
Il va même jusqu’à s’identifier au célèbre philosophe grec, se reconnaître en lui, pour mieux se connaître. Une sorte d’échange d’identités. A travers lui, il va dénoncer le monde qui marche sur la tête. Il va proposer la révolte, cultiver la dérision. Il soutient que le philosophe grec a vécu les mêmes « extravagances sociales » qu’aujourd’hui. Il veut décrire les « mythologies de la réalité ».
Ce livre n’est surtout pas un essai philosophique ou un tract politique. C’est avant tout un magnifique roman humaniste qui se lit comme un beau cheminement au discours intérieur. Une écriture singulière et inoubliable. Inclassable, souvent incompris, c’est un écrivain à découvrir…tout comme ses compatriotes, Jean Grenier, Henri Calet ou Paul Gadenne. Camus disait de lui qu’il maîtrisait la « psychologie du scalpel » qui le rapproche de Stendhal.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s