Les carnets du sous-sol de Fédor Dostoïevski

Cette oeuvre noire fait partie de la bibliothèque idéale du philosophe.
« Je suis un homme malade, je suis un homme méchant » prévient le narrateur dès la première phrase. Réfugié dans un sous-sol, un homme sans nom, petit fonctionnaire (s’agit-il de Dostoïevski lui même?) monologue, peste contre la nature humaine, le monde entier et… lui même.
Haineux, il rejette tout… jusqu’aux promesses de l’amour… Les pages qui relatent la relation tumultueuse et désespérante de notre « héros » avec une prostituée sont remarquables.
« (…) mais elle avait parfaitement compris que j’étais un monstre, un homme incapable de l’aimer (…) c’est sa présence qui m’était odieuse, insupportable. Je voulais qu’elle disparaisse. « La paix », je voulais ça; je voulais rester seul dans mon sous-sol. « La vie vivante », par manque d’habitude, elle m’avait écrasé tellement que j’avais du mal à respirer. »
Un roman dérangeant qui, parfois, nous renvoie notre propre image.
Un livre anarchiste, véritable manifeste, qui a sûrement inspiré Céline ou Camus.
Selon moi, un premier chef d’oeuvre nihiliste et déjà sartrien du maître russe!

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