Wisconsin de Mary-R Ellis

« Je crois que nous devenons rééllement et authentiquement nous-mêmes qu’après notre mort, et encore, quand nous sommes morts depuis des années et des années. Les gens devraient commencer par mourir, ils seraient honnêtes beaucoup plus tôt. » Mark Twain

Wisconsin, état du Middle West des États-Unis. Au nord le lac Supérieur et le Michigan.
« La communauté rurale d’Olina se composait des petits-fils et petites-filles d’immigrants séduits par le miroir aux alouettes qu’avaient brandi le ministère de l’Agriculture et l’Industrie du bois. Quand les nouveaux arrivants avaient découvert un sol appauvri par la déforestation et un climat trop rigoureux pour permettre les cultures à grande échelle, il était trop tard : ils n’avaient plus un sou pour repartir. »

Le petit Bill a huit ans quand son grand frère Jimmy s’engage dans les Marines, direction l’enfer de la guerre du Vietnam.
« Le Vietnam l’obligera à grandir. » lui dit son père.
Jimmy fuit son père alcoolique et violent.
Il ressemble à Elvis Presley et on l’appelle James, comme James Dean son idole.
Bill devra supporter seul les coups.
James lui envoie des lettres du Vietnam : »Bon sang ce que j’ai hâte de rentrer! »
Sur le papier à lettres des taches…Son grand frère avait sûrement pleuré.
Bill lui répond : »Là-bas aussi, il y a des étoiles ? »
Dans la ferme voisine, Ernie et Rosemary seront de précieux refuges.
Tout comme les livres. « Les livres affirmaient que, belle ou laide, la vie avait de la valeur. »
Comment sortir indemne de la fureur éthylique d’un père et de la folie grandissante d’une mère ?

Mary R. Ellis raconte le dur Visconsin caillouteux et l’histoire de deux familles au douloureux passé, au brutal présent, au fébrile futur.
Ici dans les fermes du Wisconsin les gens n’ont pas l’habitude de se parler. « Voilà ce que je ne savais pas : on peut aimer quelqu’un au point de ne pas avoir assez de mots pour l’exprimer. »
Mary R. Ellis raconte l’Amérique d’après-guerre.
Une Amérique qui change.
« Les femmes de mon âge n’ont jamais su ce qu’il fallait faire si leur mariage partait à vau-l’eau. Nous incarnions la nouvelle génération moderne, celle de l’après-guerre. Pour nous la vie de couple n’était pas censée mal se passer. »

Rendons hommage à la traduction impeccable d’Isabelle Maillet.

Ce roman est magnifique !
Mary R. Ellis raconte bien la vie.
Elle raconte un pays, l’Amérique.
Encore sous l’émotion, difficile d’en parler.
Trop tôt.
Faut laisser passer les effets secondaires de la lecture.
Juste vous dire : « Voilà, lisez ce livre ! »

« Mieux vaut vivre avec ses blessures que mourir étouffé dans sa coquille. »

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