Ballast de Jean-Jacques Bonvin

Né en Suisse en 1951, Jean-Jacques Bonvin a fait une Licence en sociologie, puis a écrit un mémoire sur la sociologie des maladies mentales à l’université de Genève en 1976. Il dirige la revue littéraire en ligne coaltar.net.

 » Le secret de l’écriture est dans le rythme de l’urgence.  » Jack Kerouac.
Ecrire à la vitesse des trains sur des rails de cock’…
Petite précision ferroviaire selon mon dictionnaire: « le ballast est le lit de pierres ou de graviers sur lequel repose une voie de chemin de fer ».
« lit de pierres » et « repose »…des mots qui en disent déjà long…

Où repose-t-elle à présent la bande des quatre bohémiens?
Les cheminots Jack Kerouac, Allen Ginsberg, William S. Burroughs et Neal Cassady.
Sur un lit de pierres? Sur un lit de poussière? Le long d’une voie de chemin de fer? D’une voie lactée?
Où errent-ils encore ces hobos météores,

matadors de leur propre mise à mort ?

La Beat Generation, le road-movie, l’écriture spontanée, la drogue, l’alcool, les grands espaces américains, le jazz, la révolte contre l’argent et la violence… La vie à outrance, à toute allure, pied au plancher sur la machine à écrire. L’outrance du trop: trop vite, trop fort, trop d’expédients… tous finiront mal… trop tôt!
Avec une ardeur communicative, Jean-Jacques Bonvin, ressucite, évoque, invoque ces écrivains des années cinquante qui couvent dans leurs mots et sous leurs pas les hippies, Woodstock et le psychédélisme à venir.
L’auteur s’attache à Neal Cassady. Neal Cassady c’est le Dean Moriarty du livre de Kerouac, souvenez-vous, « Sur la route », la « bible » de tous les routards.
Neal Cassady élevé par un père alcoolique dans une sorte de cabane tordue à la Van Gogh va vite devenir un enfant terrible: vols de voitures, maisons de correction, prisons.
« Né sur la route dans une bagnole alors que ses parents traversaient Salt Lake City en 1926 pour gagner Los Angeles  » écrit Kerouac.
A sa sortie de prison, il épouse LuAnne et veut apprendre la philosophie auprès de Ginsberg. C’est là qu’il va rencontrer Kerouac.
Cassady est un dur, une teigne. Collectionneur de voitures volées et de maîtresses, les deux intellectuels sont sous le charme.
Dans « Première Jeunesse » (Flammarion 1998), son autobiographie romancée, Cassady écrit : « A vingt ans j’avais volé 500 voitures et connu autant de femmes.  »
Ensemble ils vont tailler la route…
Cassady, plus loin, épouse Carolyn Robinson et semble « rangé des voitures ». Puis re-route, re-mariage, re-route, etc.
La vie brûlée par les deux bouts.
Pas de la petite chandelle vacillante… mais de l’explosif!
Avant de mourir de froid le long d’une voie ferrée, il fait connaissance avec un certain Bukowski! Comme les Etats-Unis sont petits!
Ce récit « hallucinant », au tempo emportant de Bonvin rend un hommage amoureux à ce diable de Cassady aux fourmis dans les jambes.
Une belle découverte!
A lire à la belle étoile… en écoutant du bop!
« … les hommes en imperméable au petit matin, ceux du fisc un peu comptables, un peu flics, trop de femmes, trop peu de temps, les voitures qui versent et ce qu’il ne dit pas et qui le tuera, la benzédrine qui le conduira le long du ballast dans le petit matin mexicain. » écrit Bonvin.
A noter le livre de Carolyn Cassady « Sur ma route – Ma vie avec Neal Cassady, Jack Kérouac, Allen Ginsberg et les autres… » (Edition 10-18) pour un angle de vue différent.

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