Le gardien du feu de Anatole Le Braz

Anatole Le Braz. Vous connaissez ? Moi, non ! Jamais entendu parlé de lui. Son vrai nom est Anatole Jean François Marie Lebras et il a été nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1897. Né à Saint Servais, au pied des Monts d’Arrée en Bretagne, il a fait ses études universitaires à Paris. Professeur, écrivain, poète, conteur et collecteur de mémoire, amoureux du Trégor et habitant de Port-Blanc. Anatole Le Braz est né en 1859 et mort en1926. Il publie en 1893 «La Légende de la Mort chez les Bretons Armoricains», récits et témoignages recueillis auprès de paysans et de marins, et le «Le gardien du feu» paraît en 1900.

Alors, Le Braz, un écrivain régionaliste au goût de chouchen et de crêpes bretonnes au beurre salé ?
N’ayez pas peur, ce livre n’est pas écrit en breton mais en bon français, très bon français.
Un thriller ? Un roman romantique ? Un roman gothique ?
Que sais-je ?
Nous y voilà. Le pitch comme on dit à la télé qu’il ne faut surtout pas regarder.
Nous sommes en 1876. Y’a Goulven Denès, le gars de
l’intérieur des terres, le Léonard, le gars de Léon quoi, pas très doué pour la mer…ni pour l’amour. Faute de mieux (sa mère le verrait bien curé !), il s’engage dans la marine marchande avant de finir (oui, finir sera bien le mot de la fin !) gardien de phare. « Une haute silhouette de pierre dressée en plein Raz, dans une solitude éternelle, au milieu d’une mer farouche agitée d’incessants remous et dont les sourires même, les jours de calme, ont quelque chose d’énigmatique et d’inquiétant. » Le phare de Gorlébella. Et puis y’a Adèle Lézurec, la sirène au front romantique, qui chante et qui lit, Adèle la Trégorroise, la belle de mer, douée pour la vie, douée pour l’amour. Rien ne les assemble, ils ont tout pour ne pas se rencontrer et pourtant ils vont se marier, peut-être s’aimer ? Goulven est amoureux fou (oui, fou sera bien le mot de la fin !).
L’Adèle de mer est-elle heureuse près de ce sombre et laborieux Goulven de terre, trop terrien ?
De ce livre je ne vais rien vous cacher car vous le saurez dès la première page : Goulven va enfermer dans « son » phare sa belle aimée et son amant (celui qui prend sa relève au phare !). Enfin « soi disant » amant. A vous de juger ! Allez-vous croire sur paroles (?) un perroquet des îles et une vieille bigote superstitieuse ? Ils vont agoniser pendant treize jours. Goulven se suicidera en se jetant du haut du phare. Terrible ! Alors pourquoi lire la suite ?
Et bien parce que l’auteur sait nous y conduire avec mers et merveilles. Ce roman est une tempête. Il donne le vertige !
Un coup de coeur…un coup au coeur !
Fortement recommandé !

 » Lorsqu’on la contemple en toute sécurité de la chambre d’un phare ou de la maisonnette blanche d’un sémaphore, comme cela, oui, je comprends la mer. Autrement, non ! Paradis des hommes, mais
enfer des femmes !…. »

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Une réflexion sur “Le gardien du feu de Anatole Le Braz

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