L’Ile des chasseurs d’oiseaux de Peter May

Peter May est un écrivain écossais auteur de nombreux romans policiers. Il vit actuellement dans le Sud de la France.

Retenez bien ce proverbe gaélique : « Trois choses qui arrivent sans qu’on demande, la peur, l’amour et la jalousie. » Il pourrait vous être utile…Je le dis sans détour: j’ai adoré ce livre ! Oui, j’ai bien dit adoré !
Un grand grand grand moment de lecture. Livre fermé, je n’en suis pas encore revenu !
Lewis, la plus grande île de l’archipel des Hébrides extérieures, en Écosse est de tradition presbytérienne. Encore aujourd’hui les habitants de cette île du bout du monde observent le sabbat chrétien, parlent la langue gaélique. Ils vivent de l’exploitation de la tourbe, de la pêche, du tourisme, de la fabrication du tweed et d’un peu d’agriculture . Depuis la nuit des temps, ils ont une coutume unique au monde réservée uniquement à quelques initiés mâles natifs de l’île: la chasse aux fous de Bassan. Pendant deux semaines, ces hommes et quelques jeunes garçons, sont emmenés à bord d’un chalutier sur An Sgeir, qu’il neige, qu’il vente ou qu’il tempête ! Une sorte d’épreuve ! An Sgeir est un rocher émergeant de la mer, à cent kilomètres de Lewis, où nichent et se reproduisent des milliers d’oiseaux. Chaque année, deux mille oisillons sont tués, préparés sur place et ramenés sur l’île Lewis. Avant d’être une tradition ce fut une ressource vitale pour se nourrir. Tout ce qui est fait, vu ou dit sur ce rocher doit demeurer secret. Un passage obligé pour devenir un homme de l’île. « Lorsque j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant; lorsque je suis devenu un homme, j’ai laissé là ce qui était de l’enfant. » écrivait Paul aux Corinthiens.
Voilà, nous y sommes, le décor est planté. Il pleut toujours et un vent glacial souffle sans arrêt. Brrrrrrrrrr…Dans ce superbe roman, les descriptions des paysages sont magnifiques ! L’auteur sait imposer une atmosphère : là-bas, j’ai eu faim, froid, peur, j’ai ri et pleuré. j’ai senti et touché…
Les Boileau-Narcejac, habiles écrivains de romans policiers avaient l’habitude de dire qu’un bon polar doit être « une machine à lire ». Celui là on ne le lâche pas…la machine à lire est parfaitement huilée. Mais est-ce vraiment un polar ? N’est-ce pas aussi un livre d’anthropologie ? Un livre d’Histoire ? Un livre de géographie ? Tout simplement le livre d’une histoire. Une histoire sur l’enfance. Une histoire sur le passage à l’âge adulte comme un passsage à l’acte.
L’inspecteur Fin Macleod, natif de cette maudite île qu’il a quitté il y a maintenant plus de dix-huit ans revient (malgré lui) sur les lieux de son enfance pour élucider un meurtre particulièrement sordide. Ce retour tant redouté va provoquer le réveil des fantômes de son enfance. Il va retrouver Artair Macinnes le fils du professeur qui leur donnait des cours particuliers, Donald Murray le fils du pasteur, Calum Macdonald le souffre-douleur d’ Ange, Ange le persécuteur des cours de récréation, Marsaili son premier amour de banc d’école, sa tante « adoptive » malgré elle, celle qui a fait Woodstock et…bien d’autres cauchemars en souffrance. Retenez bien ces noms, vous n’êtes pas prêt de les oublier ! Ce retour va faire remonter à la surface des amours déçues, des jalousies, des vengeances longtemps noyées par le mauvais temps et la culture ancestrale du secret.
Je me répète, j’ai adoré ce livre. Vraiment. J’ai eu beaucoup de mal à quitter cette île sauvage du nord de l’Ecosse.
A lire d’urgence et sans modération ! Pour trouver la vérité, j’ai dévoré les quatre cent pages en deux nuits !
« La vérité ne quitterait jamais le rocher. Elle resterait là, parmi les amas de rochers et les oiseaux, chuchotée par le vent. Elle mourrait dans les cœurs et les esprits des hommes qui étaient là ce fameux jour lorsque viendrait leur tour… »

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