Le baiser de Glasgow de Russell Craig Russell

« Le baiser de Glasgow » ! Quel beau titre !
Romantique et tout et tout ! On imagine les deux amants tendrement enlacés s’embrassant sous la pluie, la nuit, près d’un réverbère, au bord de la Clyde qui sépare Glasgow en deux…
Hum…ça fait rêver tout ça…
Oui mais bon, voilà, Russell en a décidé autrement et d’entrée calme nos ardeurs. La douche écossaise : « Son visage se réduisait à un front, ce qui était un avantage à Glasgow. Athènes a été le berceau de la démocratie, Florence a accouché de la Renaissance, Glasgow, elle, a élevé le coup de boule au rang d’art. Le « baiser de Glasgow », comme on l’appelle affectueusement dans toutes les nations du monde. »
Voilà, c’est ça le baiser de Glasgow, un coup de boule !
Ce polar est un polar. Des bons et des méchants, des meurtres et de la baston, des femmes fatales ou pas, Sheila, Lorna ou May. Un polar sans surprise mais…mais… Mais avec deux énormes et goûteuses cerises sur le gâteau : le Glasgow des années 50 et l’humour de l’auteur. Et là on se régale !
Glasgow donc. « Un siècle et demi durant, Glasgow avait été le coeur industriel de l’Empire. Mais la guerre avait tout foutu en l’air. A la fin du conflit, la Grande-Bretagne était au bord de la faillite : si les Etats-Unis ne s’étaient pas portés à notre secours en 1946 en nous prêtant pas loin de quatre milliards de dollars, l’île au spectre aurait connu la faillite… » Le Glasgow aux briques rouges, aux usines polluantes, aux forêt de grues, aux quais malfamés, aux chantiers grouillants. Le Glasgow pluvieux et crasseux. Le Glasgow violent de la pègre. Et là Craig Russell est très très bon à déguster ! Bon vous allez me dire, je vous vois venir, oui mais l’Ecosse c’est ton « pays-mignon », euh non, ton péché mignon. Oui, j’avoue ! J’adoooooore ce pays ! Alors je lis William Black, William Boyd, John Burnside, Conan Doyle, Ian Rankin, Walter Scott, Stevenson (et j’en oublie) et je vais en Ecosse dès que je peux (Ah ! L’île de Skye ! Ah ! Les sombres pubs de Thurso !).
Ici règnent les Trois Rois.
Willie Sneddon, le dur des quartiers des Gorbals. Il tue, vole et torture pour garder la main. Michael Murphy, dit « Hammer » pour avoir réduit en bouillie le crâne de Paul Cochrane, le chef d’un gang rival.
Et Jonny Cohen, le beau gosse, le seigneur du quartier de Newton Mearns.
Ces trois rois du crime sèment la terreur sur Glasgow. Ils se partagent (plus ou moins !) le gâteau écossais au mauvais goût d’après-guerre.
Et pas très loin de cet étripage pas très gentleman traine Lennox le privé. Trainent les bottes de Lennox. Traine le passé de Lennox.
L’ancien combattant d’Omaha Beach.
Mais que va t-il faire dans cette galère ?
« Je suis payé pour fourrer mon nez partout. Et particulièrement là où les nez ne sont pas les bienvenus. »
Y’a des truands partout, des flics partout (même du FBI qui viennent de l’Amérique), des seconds couteaux bien effilés, des terribles Teddy Boys, des Gitans au code d’honneur, des paris et des combats de boxe clandestins, des statuettes vietnamiennes remplies d’héroïne, des dialogues plus vrais que vrais, en veux-tu, en voilà.
Du tout bon quoi !
Et l’humour de Russell. Du pur malt ! Les exemples courent les pages.
Bon tout ça pour vous dire, vous l’avez compris, que j’ai passé un bon moment à Glasgow.
« Tu connais les affaires Lennox. Les bookmakers, la protection, les putes, les braquages de banques, le recel. Mais tu sais en quoi consiste mon véritable business ? La peur. »
PS : à noter la magnifique photo de couverture.

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