Le Retour des Tigres de Malaisie de Paco Ignacio Taibo II


Ce n’est pas la littérature qui doit imiter la vie, c’est la vie qui doit imiter la littérature.

J’avoue. J’ai un faible pour Paco Ignacio Taibo II.
Et là encore, dans sa dernière livrée, sa dernière virée au grand large, je me suis régalé.

Les Tigres sont de retour.

«Le point de départ de ce livre était Emilio Carlo Giuseppe Maria Salgari, dans sa mansarde sordide de Turin, écrivant sur son petit pupitre, avec l’encre qu’il fabriquait lui-même, poursuivi par des créanciers, forcé de pondre ses vingt pages par jour, avec pour seules armes des encyclopédies médiocres, des atlas erronés, des dictionnaires désinformés, et une superbe et merveilleuse imagination au service d’une prodigieuse capacité d’affabulation.»

Emilio Salgari est un écrivain italien (1862-1911) auteur de romans et nouvelles d’aventures : «Les Pirates de la Malaisie», «Les Mystères de la jungle noire», «Le Corsaire Noir».
Il est le créateur du personnage de Sandokan, le tigre de Bornéo.
Taibo reprend le flambeau.
Allumé par Alexandre Dumas, Walter Scott, Joseph Conrad, Victor Hugo, Emile Zola ou Eugène Sue, Taibo s’est amusé à nous écrire cette nouvelle aventure des Tigres de Malaisie.
«Pour chauffer la tête, ça excite les nerfs.»

Taibo, né en Espagne en 1949, émigre pour le Mexique pour fuir le franquisme.
Auteur de polars «allumés», biographe du Che, ami du sous-commandant Marcos, il préside l’Association Internationale du Roman Noir.

Les Tigres sont de retour.
Et pas qu’un peu même.
Cher lecteur, accrochez-vous bien au bastingage, ça va tanguer dur.
Rejoignez l’équipage pirate de la «Mentirosa» (la Menteuse) et vous allez rencontrer, tenez-vous bien, vous dis-je : Sandokan le prince malais, Yanez le poète portugais, Friedrich Engels, Jules Verne, Adèle la française communarde, des Dayaks, un nain survenu de nulle part rebaptisé Pinga, un Club du Serpent, un Abel Proust masqué, un Old Shatterland as de la gâchette élevé chez les Apaches, un chien Victorisa, une panthère apprivoisée, Rudyard Kipling, un cryptographe grec, un squelette nommé Ibrahim qui garde une édition complète des oeuvres de Shakespeare, des Siamois, un chef mécanicien Monteverde au passé plus que trouble, une femme fakir, des Sikhs aux sabres bien tranchants, des sociétés secrètes chinoises, des banquiers philippins, des trafiquants d’esclaves, des abordages en veux-tu en voilà…

Cher lecteur, vous voilà prévenu, vous ne risquez pas de vous ennuyer, c’est le moins que l’on puisse dire.

Les Tigres sont de retour. Bien sûr «ils approchaient dangereusement de la soixantaine, ce qui, vu leur existence avantureuse, les nombreuses cicatrices dans leur chair et leur esprit, et l’espérance de vie des pirates sous ces latitudes, pouvait être considéré, par un observateur impartial, comme un âge avancé. Mais l’observateur en question n’avait pas intérêt à le faire remarquer à nos deux héros.»
Leur mission ?
Libérer l’Asie des parasites colonialistes anglais, français, hollandais.
Et pour cela ils devront résoudre une énigme à partir de sept cartes postales données par un vieux chinois, plus vieux que le monde.
Sur ces mystérieuses cartes postales apparaîssent : «Une étrange plantation, un sous-marin sans propulsion, un groupe d’étudiants fraîchement diplômés, un siège de cabinet en porcelaine, un officier de lanciers, un music-hall à Berlin, un temple hindou à la mode française au milieu de Bornéo.»
Bon courage !

Si Taibo s’est bien amusé à écrire ce livre, je me suis amusé deux fois plus à le lire, voire plus.
Encore une fois Taibo nous offre une superbe et merveilleuse imagination au service d’une prodigieuse capacité d’affabulation
Je vous souhaite bien du plaisir…

«Je n’ai rien contre les Européens pris individuellement. J’ai quelque chose contre eux quand ils sont plus de deux et qu’ils veulent être millionnaires.»

Bon je vous laisse, je monte au grenier, je vais fouiller dans les vieux cartons chercher ma panoplie de pirate…

A l’abordage !

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