Balancé dans les cordes de Jérémie Guez


KO !
KO au septième round !
Le lecteur, bras ballants, livre ouvert à la dernière page entre les mains, bouche bée, sonné, groggy.
Ce deuxième roman, noir, très très noir, de Jérémie Guez frappe fort, très fort.
Après le superbe «Paris la nuit» et ses nuits blanches, ce jeune auteur récidive et gagne haut la main le combat du deuxième roman.

Merci aux Editions La Tengo, «petite» maison d’édition qui a tout d’une grande !
La Tengo, fondée en 2008 par Frédéric Houdaille, c’est que du bonheur de lectures, toutes catégories confondues : l’indispensable série Polar’and’Rock des Mona Cabriole (ha, Mona, je t’aime), deux revues quasiment mythiques, voire légendaires, «Charles» et «Schnock», et des romans déjà prometteurs.

Et ce «Balancé dans les cordes» tient ses promesses.
Il a d’ailleurs été retenu pour la sélection Automne du Prix SNCF du Polar et le réalisateur Yann Gozlan («Captifs», «Echo») prépare une adaptation cinématographique du livre.

Phrases courtes percutantes, personnages chauds bouillants et dialogues à vif.

Tony (sur)vit dans une cité d’Aubervilliers, le 93.
Il boxe chez Patrick son entraîneur. Il va bientôt passer pro.
Il bosse dans le garage de son oncle.
«Pas beaucoup de travail au garage…Je glande toute la journée, je range, je nettoie. Fermeture à 18 heures, je file à la salle comme tous les soirs.»
Sa mère fait le tapin et fume des joints.
«Ma mère dit que je ressemble à mon père. Elle est tombée enceinte de lui à 17 ans. Et puis il s’est barré…»
Fils d’un gitan inconnu…de passage.

Sa mère se fait tabassée par des dealers.
Tony veut se venger et va mettre un pied dans le milieu où tous les coups sont permis.

Miguel le caïd d’un bar à tapins.
Jean l’émouvant…heureux les simples d’esprit !
Assad, Abdir les hommes de main.
Bachir l’invisible.
Patrick qui tente d’oublier les coups de la vie.
Clara la belle bourgeoise inaccessible.
Moussad l’ami des coups durs.
Les émeutes de banlieues, le bordel et les bagnoles qui crament.

L’histoire monte en puissance, gagne aux points (poings) jusqu’au final…terrible, imparable !

Allez Jérémie, ne jette surtout pas l’éponge, on attend le suivant avec impatience…jamais deux sans trois !

«A ce moment-là je me dis que ma vie de merde me va comme un gant, même si je sais que ça ne va pas durer.»

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