Chansons d’amour au Lolita’s Club de Juan Marsé


Vous avez envie de pleurer ?

Faubourgs malfamés de Barcelone. Le Lolita’s Club, bar musical.
Quelques tables mal éclairées et un escalier « en colimaçon qui conduit aux cabinets réservés de l’étage supérieur. »
Voilà pour le décor.
Jennifer l’espagnole, Yasmina la marocaine et Barbara, Nancy, Alina dansent pour attirer le client.
Voilà pour les personnages.

Ici l’amour remue des hanches comme un simulacre endiablé.
Et puis y’a Milena la colombienne, « beauté sombre et dégradée », avec sa cicatrice en haut des cuisses comme un « gribouillis soyeux, un éclat pâle. » Entre deux passes Milena, de son balcon, contemple l’horizon « au fond du terrain nu avec ses déblais arides et déserts, zone intermédiaire entre la façade arrière décrépie de l’immeuble et un tronçon de voie rapide qui tourne vers le sud. »

Dans cette cour des miracles hantée de maquereaux, de truands et de trafiquants travaille Valentin, « une âme simple », un simple d’esprit avec un coeur gros comme ça. Il ne ferait pas de mal à une mouche. Valentin fait un peu tout dans le boui-boui : serveur, confident de ces dames. Surtout il s’amourache de Milena. Dans ce monde de brutes, il sera son tendre, son cajoleur. Il veillera sur son sommeil.
Et puis y’a Raul, le beau flic ténébreux, ombrageux au passé trouble où ressurgissent des fantômes de l’ETA.

Raul veut sortir Valentin de cet enfer.
Raul c’est le frère jumeau de Valentin.

Ou bien serait-il jaloux de Valentin ? Serait-il amoureux de Milena lui aussi ?
Mais que veut-il vraiment ce Raul ?
Lui voler cette fille « au vernis vert émeraude » sur les ongles ?
Ou bien veut-il régler d’autres comptes perdus ?
Ce roman de Juan Marsé est magnifique ! Un poignant roman d’amour.

A pleurer !

« Devant Valentin, sur l’asphalte, au-delà de la lumière des phares de la voiture, les ténèbres s’étendent jusqu’à la mer. »

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L’homme à la bombe de Christian Roux


« Ce qui vraiment l’avait fait craquer, il aurait été incapable de le dire.
Simplement, il leur dit qu’il n’en voulait pas, de leur boulot de merde.
Et il sortit la bombe. La posa sur la table et maintint son doigt enfoncé sur le déclencheur. »

Vous connaissez tous l’histoire de Clyde Barrow et Bonnie Parker ?
Très bien.
Alors voici venir l’histoire tragique de Larry et Lu.
Larry, la quarantaine, ancien ingénieur acousticien se retrouve au chomâge avec son couple avec enfant qui se délite.
Sale temps de crise !
Lu, à peine sortie de l’adolescence, a déjà tout vu, tout connu, la misère et la violence.
Ils n’auraient jamais du se rencontrer, et pourtant…
Ils n’ont plus rien à perdre, tout à gagner.
Ils vont semer la terreur : braquages, meurtres…no futur !
Christian Roux nous embarque, droit dans le mur, dans ce roman trop court à mon goût.
Ici, pas de thèses fumeuses ou de théories prêtes à penser.
L’auteur montre sans démontrer.
Les dégâts d’une crise économique mortelle, le manque d’amour, le racisme, l’indifférence, les inégalités.
Efficace !

« Il voulait mourir, maintenant, et il savait comment. »

Dance with the Devil de Stanley Booth


Bon sang !
Dieu sait si j’en ai lu des livres sur les Stones mais celui-là,
c’est le bon.
Du très bon.
Le meilleur.
S’il n’en fallait qu’un ce serait celui-là.
Les Stones des années 60-70 parce qu’après, hum, hum, comment dire, ça se gâte quoi !

Le Londres des petits clubs au sous-sol des pubs, le Swinging London, la mort de Brian Jones, le célèbre concert tragique d’Altamont…
Sexe, drug and rock’n’roll.

Stanley Booth a suivi ces diables de Stones lors de leur tournée américaine de 1969.
Stanley Booth est né le 5 janvier 1942 à Waycross en Géorgie. Célèbre journaliste musical, il a beaucoup écrit sur des
légendes musicales telles que Keith Richards, Otis Redding,
Janis Joplin, James Brown, Elvis Presley, B.B. King et Al
Green. Il vit à présent dans le sud des Etats-Unis.

Un agité road movie accompagné de photos d’époque comme un témoignage du temps de la naissance du rock, du rock pas encore bling-bling.
Le vrai celui qui sent la poudre, le diable, l’Afrique…
Comme dans une sorte de grotte de Lascaux du rock.
Visite guidée : sensations fortes et frissons garantis.
« Regarde là, la danse de Jagger ! »
« Et là ce riff de Keith Richard ! »

Après « La chanson de Roland », « L’Iliade et l’Odyssée » et « Le roman de la rose », voici « Dance with the Devil ».
Oui, oui, je sais, j’exagère…mais j’aime bien !

It’s only rock’n’roll but i like it, i like it !

Myself by moi-même

« Les mots savent de nous des choses que nous ignorons d’eux. »

René Char

 


Je fréquente quotidiennement les mots de Balzac, de Baudelaire, de Blaise Cendrars, de René Char, de Tristan Corbière, de Giraudoux ou de Louis Guilloux.

Question d’habitude !


Je ne lis pas pour oublier ou deviser mais pour (sur)vivre !
La littérature n’est pas là pour démontrer mais pour montrer.
Pour des idées prémâchées et des théories assujetties, veuillez consulter les sciences soi-disant «humaines».
Vous l’avez compris, je déteste que l’on pense pour moi.
Ma devise pourrait être : «Je n’aime ni suivre, ni être suivi !»

Ah oui j’oubliais : je ne parle que des livres que j’aime !

« Lire vous sépare des échanges de convention. » 
Yannick Haenel.

«Acheter des livres serait une bonne chose si l’on pouvait simultanément acheter le temps de les lire.» Schopenhauer

Et à quoi sert la littérature?
Peut-être à essayer de vivre selon les nuances car la littérature est «maîtresse des nuances» disait Barthes.
La littérature «s’embarrasse» de nuances. Ne se sépare de personne.
Elle s’intéresse aux différences, aux subtiles différences, aux sensibles singularités.
Elle veut comprendre. Raconter. Regarder. Éclairer l’existence.
Teinter la vie. Sucrer, saler la vie.
La littérature aide à respirer. Reprendre souffle. A souffler, un peu.

Sûrement!

2015

Juré des Explorateurs du Polar

2014

Membre du service de presse de plusieurs Maisons d’Edition : JIGAL, Edition de l’Aube, Gallmeister…

Membre des Explorateurs de la rentrée littéraire

2013

Participation au catalogue de la rentrée littéraire (automne 2013) pour le compte de la Librairie Dialogues

Membre du service de Presse des Editions JIGAL

2012 

Juré du prix Polar des lecteurs de Points.

Membre de l’association des Amis de Panaït Istrati

Lecteur officiel sur MyBoox.

Chroniqueur de lectures numériques sur ALDUS.

Chroniqueur pour la librairie Dialogues.

Chroniqueur sur Un polar-Collectif

Chroniqueur sur Passion-Bouquins

2011

Juré du Prix Orange du Livre

2010

Juré du Prix les lecteurs de l’Express

Contact : thierry.cousteix@wanadoo.fr