Tu es le mal de Roberto Costantini

Nous sommes à Rome.
Le soir de la victoire de l’Italie contre l’Allemagne en finale de la Coupe du Monde de football.
Dimanche 11 juillet 1982. Rome et son Italie exultent et déversent sa liesse dans les rues. Imaginez un peu l’état de tous les tiffosis dingues amoureux de leur Squadra Azzurra au coup de sifflet final…
Imaginez…C’est chaud, très chaud…

Ce soir mémorable, Elisa Sordi, jeune employée du cardinal Alessandrini a disparue.
Quelques jours plus tard un clochard aperçoit un cadavre flotter sur le Tibre.
Elisa Sordi, dix-huit ans à peine, vient d’être retrouvée sauvagement assassinée.
«J’avais vu d’autres cadavres, mais cette mort était pour moi une nouveauté, elle sortait de la violence entre violents.»
Elisa Sordi, signes particuliers : très, très belle et après autopsie,signes d’une interruption de grossesse effectuée dans les quinze derniers jours avant sa mort.

Michele Balistreri est le flic de ce polar.
Personnage peu sympathique au premier abord.
Enfance turbulente, nourrie d’Homère, de Nietzche et du Mussolini des débuts. Homère, Nietzche, je veux bien, ça suffira pour moi. Curieux mélange…mais on a vu pire…
«A dix-sept ans j’abandonnai sur le pavé mes premiers morts dans Le Caire bouleversé par la guerre des Six Jours, à dix-huit j’abattis mon premier lion en Tanzanie. A dix-neuf je complotai contre Khadafi qui venait d’accéder au pouvoir…»
Fréquente les néo-nazis avant d’être enrôlé dans les Services Secrets…hum, hum…
Dragueur invétéré et insatiable. Genre qui tombe les nanas comme des mouches. Du moins c’est ce qu’il prétend.
J’ai eu du mal à m’y faire à ce flic. Un cynique qui ne croit à rien.
Bon, un bon point pour lui, qui va le sauver : il veut rendre la justice aux pauvres, aux délaissés.

Et ça tombe bien puisqu’Elisa est issue des milieux défavorisés comme on dit pudiquement dans le monde d’en haut.
Chez les hautains.
Dans cette enquête, il va s’en donner à coeur joie…

Il est l’ami d’Angelo Dioguardi pour des parties de poker endiablées.
Cet Angelo travaille pour le cardinal Alessandrini.
Tiens, tiens. Alessandrini ça me dit quelque chose.
Ben oui cette Elisa travaillait pour lui.
Et c’est pas tout.
Dans le même bâtiment «règne» un comte. Le comte Tommaso dei Banchi di Anglieno. Rien que ça !
Un aristocrate nostalgique de la monarchie. Sénateur et président du parti néo-monarchiste italien.
Sa femme Ulla, vaporeuse.
Leur fils Manfredi. «Sa tête était une farce atroce du destin. Un bec-de-lièvre et un angiome violacé gros comme un abricot déformaient son visage…». Grossesse accidentée.
Manfredi passe ses journées cloîtré dans sa chambre sans miroirs à espionner tout son monde avec des jumelles. Il écoute du heavy métal et lit «Mein Kampf».
Hum, hum, pas très fréquentable le garçon.

Et puis y’a ce jeune prêtre «yankee», prêtre à tout faire. Paul.
Et l’ami d’Elisa, (ami-ami ou ami, ami ?) Valerio Bona.

A deux pas de ce «beau» panier de crabes…le Vatican.

De quoi alimenter les rumeurs, donner le tournis à la police, tenir en haleine le lecteur.

Quand la mère de Manfredi, Ulla, se jette du haut de sa terrasse,
l’affaire est classée…

Quelques pages plus tard, vingt-trois ans plus tard, nous retrouvons notre Balistreri sous-préfet adjoint.
Moins de cigarettes, moins de conquêtes féminines, des problèmes gastriques, régime biscottes et déca, tempes grisonnantes et antidépresseur.
Notre flic a bien changé.
Lui reste la hargne de chasser les coupables…quels qu’ils soient !

Juillet 2006. Finale du Mondial de football en Allemagne.
L’Italie est de nouveau sacrée championne du monde : victoire aux tirs au but contre la France.
La mère d’Elisa «en profite» pour se suicider.

Balistreri l’incorruptible décide de rouvrir le dossier «Sordi».

Et ça va chauffer dur pour les politiciens corrompus et les cardinaux aux mains sales…

Polar bien écrit, rondement mené, tambours battants, bien traduit. Une découverte, pas déplaisante du tout, ma foi.
Un bon moment de lecture, c’est déjà pas mal non ?

Né en Libye et ingénieur de formation, Roberto Costantini a soixante ans et vit à Rome. Son premier roman «Tu es le mal» a été unanimement plébiscité par la presse italienne. Il lui vaut d’être surnommé aujourd’hui le Stieg Larsson méditerranéen. Ce livre est le premier volet d’une trilogie.

A suivre, donc…

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