Ecrivains dans la grande guerre de F. M. Frémeaux


«J’étais plus vif et plus rapide que lui. Plus direct. J’ai frappé le premier. J’ai le sens de la réalité, moi, poète. J’ai agi. J’ai tué. Comme celui qui veut vivre.» Blaise Cendrars.

La grande guerre. 14-18. Quatre ans de boucherie.
Des laboureurs, des ouvriers, des instituteurs, envoyés en première ligne.
Comme toujours !
Pendant ce temps les officiers et les politiques se tiennent chaud.
Entre eux.
«L’officier déjeune et dîne, le sous-officier prend son repas, le soldat mange la soupe.» écrit le critique littéraire de la NRF, Albert Thibaudet.
Pendant ce temps le clergé, complice muet, bénit le charnier.
Dieu comptera les cadavres.
La France a eu 1 300 000 morts, tous ou presque des hommes entre 18 et 40 ans, en pleine force de l’âge. Le nombre total de victimes de cette guerre fut de 8,5 millions.
Il en aura sûrement oubliés.

Le dernier poilu, Lazare Ponticelli est mort le 12 mars 2008.

Mais l’Histoire n’est pas terminée.
Devoir de mémoire.

«Cette boue est atroce aux chemins détrempés
Les yeux des fantassins ont des lueurs navrantes
Nous n’irons plus au bois les lauriers sont coupés
Les amants vont mourir et mentent les amantes.»
Guillaume Apollinaire

Ecouter et lire les échos des boyaux, les cris, la mort mise en mots.

Dans les tranchées, les hommes écrivent. Pour oublier, rire, pleurer…ne pas oublier.

Dix milliards de lettres ont été échangées pendant les quatres années de guerre.
Des journaux de tranchées, éphémères, paraissent par milliers.
Leurs titres parlent d’eux-même : «Rire aux éclats», «Tuyau de la roulante», «L’écho des tranchées», «La revue du front»…

Les soldats ont un besoin, vital, de mettre des mots sur leurs cauchemars.

Pouvoir de la littérature ?
Ou impuissance de la littérature ?

Dans cet essai érudit mais très lisible, France Marie Frémeaux, docteur en littérature et spécialiste de la guerre de 14-18 (elle a participé au Dictionnaire de la Grande Guerre paru dans la collection Bouquins) nous replonge dans cette période meurtrière et pourtant si riche en courants artistiques.
«Son propos est d’abord de présenter les combattants de la Première guerre mondiale, ceux qui étaient écrivains avant de devenir guerriers à leur corps défendant, à leur esprit récalcitrant.» nous prévient l’auteure.

Dadaisme, surréalisme, expressionnisme…une autre guerre, la guerre des «ismes» commence !

Cet essai, retour sur la guerre, ressucite des écrivains-soldats ou soldats-écrivains tels que Guillaume Apollinaire, Jean Giraudoux, Blaise Cendrars, Ernest Hemingway, John Dos Passos, Louis Ferdinand Céline…entre autres.
Petites biographies du temps maudit des tranchées.
Comme une piqûre de rappel.
Ils vont écrire des poèmes ou des romans magnifiques.
Des chefs-d’oeuvre pour certains.
Comme Blaise Cendrars et sa «Main coupée» ou Louis Guilloux et son «Sang noir».
Ces deux livres ne me quittent jamais.

«Le métier d’homme de guerre est une chose abominable et pleine de cicatrices, comme la poésie.» Blaise Cendrars.

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2 réflexions sur “Ecrivains dans la grande guerre de F. M. Frémeaux

  1. je le note immédiatement celui là, pour moi en premier mais aussi à offrir à un membre de ma famille féru de l’histoire de la grande guerre
    En lisant ton billet je m’aperçois que je n’ai jamais lu « la main coupée » un manque manifestement

  2. Qui pourrait me dire comment contacter Mme Frémeaux ? Je suis bibliothécaire à Massy et je souhaiterais la faire intervenir en janvier 2014 dans le cadre d’une animation sur la Grande guerre. Merci !

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