Si je meurs au combat de Tim O’Brien

« Une nuit, ils ont fait une erreur…Trente-trois villageois ont été blessés. Treize tués, dont Bi Thi Cu, deux ans; Dao van Cu, le frère de Bi, quatre ans; Le Xi, deux ans; Dao Thi Thuong, neuf ans; Pham Thi Ku, quatre ans; Pham Khanh, quinze ans; Le Chuc, huit ans; Le Thi Tam, dix ans…des enfants. »

Tim O’Brien est né en 1946 à Austin dans le Minnesota.
Ouvertement contre la guerre du Vietnam, il pense d’abord déserter au Canada ou en Europe mais sera finalement incorporé dans la Troisième Section, où il passera un an, en 1969 et 1970.

Dans « Si je meurs au combat » O’Brien témoigne.
C’est désormais un classique sur la guerre du Vietnam.
La guerre au quotidien. La peur, le courage, la lâcheté, la folie.
Le massacre de My Lai, le racisme, les drogues pour tenir, les ordres absurdes et contradictoires, les politiques planqués dans leurs bureaux…
La guerre vécue et vue par un grand écrivain.

Impressionnant !

« On n’était pas tous des lâches. Mais gagner la guerre, c’était pas notre unique vocation. »

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Pour tout l’or des mots de Claude Gagnière

Conçu comme un dictionnaire, ce volume recense près de 150 entrées qui, insolites ou amusantes, excitent l’esprit et provoquent des éclats de rire.

De chaque page déferle une vague de « mots  » plus savoureux les uns que les autres, assaisonnés d’un grain de cynisme :

Aphorismes :  » La laideur a ceci de supérieur à la beauté, c’est qu’elle dure  » (Lichtenberg, repris par S. Gainsbourg).

Epitaphes :  » Je vous l’avais bien dit que j’étais malade  » (anonyme).

Fin (mot de la) :  » Eh bien ! je m’en souviendrai de cette planète !  » (Villiers de Lisle-Adam).

Graffiti :  » Sauvez un arbre, tuez un castor « .

Mariage :  » Le mariage est une si belle chose qu’il faut y penser toute la vie  » (Talleyrand).

Paradoxes :  » Je ne suis pas toujours de mon avis  » (P. Valéry).

Proverbes :  » Avec patience et crachat, on fait entrer un pépin de calebasse dans le derrière d’un moustique  » (créole) ; ou encore :  » La douleur embellit l’écrevisse  » (russe).

Sottises (littéraire) :  » La main de cet homme était froide comme celle d’un serpent  » (Ponson du Terrail) ; (radiophonique) :  » Au garde à vous sur le tapis rouge déployé à ses pieds, le président congolais ressemblait à un roman de Stendhal  » ; (cinématographique) :  » Pour moi, un contrat verbal ne vaut même pas le papier sur lequel il est rédigé  » (S. Goldwin).

Une invitation à la bonne humeur… Guy Schoeller

(présentation de l’éditeur)

Elisée Reclus de Jean-Didier Vincent

Une lecture revigorante !

Elisée Reclus (1830-1905) est un anarchiste-voyageur, un voyageur-anarchiste.
Allemagne, Etats-Unis, Colombie, Irlande, Cuba, il parcourt le monde. Le tour du monde d’un homme libre dans un monde asservi.
« J’irai devant moi et je m’arrêterai quand j’aurai vendu mon dernier bouton.»
Puis se pose sans se reposer. En 1857, à Paris, il entre à la Société de géographie.
Il sera un géographe brillant et reconnu et un militant et penseur de l’anarchisme.
Un précurseur de l’écologisme.

Jean-Didier Vincent est neurobiologiste, professeur émérite à Paris-XI, membre de l’Académie nationale de médecine et de l’Académie des sciences. Comme son héros Elisée Reclus, il est originaire de Sainte-Foy-la-Grande.

L’avantage de la pensée anarchiste c’est qu’elle nous laisse démunis, dans l’inconfort certes…mais debouts !

L’anarchiste fuit comme la peste les maîtres à penser, les prêts à porter la contagieuse pensée unique.

«Je pense donc je suis.»

Ni dieu, ni maître.

Cette lecture vivifiante est l’occasion, pour moi, de râler.
Ben voyons, tant qu’à faire, faut pas se gêner.
Contre.
Ceux qui sont, chichement, payés pour penser pour nous, pullulent (et polluent) à la télé, dans les journaux, sur la toile.
Ils auraient toujours raison, ils ne se tromperaient jamais.
Les économistes («y’a qu’à») qui nous gouvernent : François de Closets, Michel Godet, Alain Minc.
Les nouveaux philosophes (philosophes ?) qui nous (or)donnent la bonne conduite : BHL, Jacques Attali.

Non, mais, pour qui y se prennent ceux-là ?
Y’en a marre !
Eteignez cette p… de télé bon sang de bon sang !
Voilà, c’est fini, c’était pas long, j’ai bien râlé, ça m’a fait du bien !
Retour au calme…

Cette biographie (romanesque) est un bon moment passé auprès d’un Elisée Reclus passionné qui vit à cent à l’heure, auprès d’une France très XIXème siècle, écrite par ce jovial et si communicatif Jean-Didier Vincent, (trop?)fasciné par son personnage.
Cet essai a obtenu le prix Fémina Essais 2010.

«Car nous sommes des anarchistes qui n’ont personne pour maître et ne sont les maîtres de personne.» Elisée Reclus.

PS : maintenant vous saurez qui était cet Elisée Reclus quand vous prendrez à gauche l’avenue Elisée Reclus ou bien quand vous inscrirez, émus, votre enfant au lycée Elisée Reclus.
C’est bô la culture…