Pike de Benjamin Whitmer

Glauque, très Glock !

«Officiellement, Sarah est morte d’une overdose.
Je cherche quelqu’un qui pourrait m’en convaincre.»

Sarah, sa fille qu’il connaissait à peine…

Pike, ancien truand, s’est rangé des voitures comme on dit dans le milieu.

Il (sur)vit maintenant de petits boulots.
Presque tranquille. Sans trop d’amis. Juste ce qu’il faut.
Juste avec ses livres.
«Il passe son temps à lire des livres bizarres. Ou à insulter ceux qui les ont pas lus. »
Y’a bien son pote Rory le jeune boxeur des rings minables qui rêve de gloire.

Pike «hérite» de Wendy, sa petite fille, une gamine de douze ans qui n’a pas froid aux yeux et qui lit Edgar Allan Poe.
Wendy, enfant écorchée vive et son inséparable chat Monster toujours fourré sous son sweat.

Nous sommes à Cincinnati pendant les années Reagan.

Les femmes des classes moyennes supérieures s’achètent des salons à crédit pour se prouver qu’elles appartiennent aux classes moyennes supérieures.
«On s’achète une petite maison dans ce trou à rats et on se fait grossir à la bière jusqu’à ce que le coeur lâche définitivement.»

Cincinnati. Une vieille ville. Fondée par d’anciens esclaves, des Blancs pauvres et des Indiens.
Aujourd’hui habitée de bouseux rongés par l’alcool aux casquettes des Bengals ou des Reds.
Ici, le soleil est gris et le monde a basculé.

Pike sent bien que le déjanté Krieger, le policier tueur de «nègres», le vétéran du Vietnam, rôde un peu trop près de Wendy.

«Une fois sobre, faut toujours faire ce qu’on a dit qu’on ferait quand on était bourré.» Hemingway…soi-disant.

Waouh, comme ce roman est noir !
Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir !
Du brut chez les brutes !
Faut avoir le coeur bien accroché je vous préviens !
L’écriture de Whitmer est froide comme une lame de rasoir et nous laisse un goût de sang dans la bouche.
Tout droit dans les ruelles «coupe-gorge», les squats de drogués, les immeubles en ruine, les relais routiers bien crasseux, les bordels bien poisseux et j’en passe et des bien pires…on en sort désespéré !

Trop c’est trop ? A vous de lire (dire) cher lecteur.
C’est sinistre et pourtant ça se dévore en une bouchée.
C’est le talent caché de ce jeune écrivain…à suivre de près.

Benjamin Whitmer est né en 1972 et a grandi dans le sud de l’Ohio et au nord de l’État de New York. Il a publié des articles et des récits dans divers magazines et anthologies avant que ne soit publié son premier roman, Pike, en 2010. Il vit aujourd’hui avec sa femme et ses deux enfants dans le Colorado, où il passe la plus grande partie de son temps libre en quête d’histoires locales, à hanter les librairies, les bureaux de tabac et les stands de tir des mauvais quartiers de Denver.

«Le noir semble être le dernier endroit où l’on peut écrire sérieusement sur les sujets importants. Classes, races, marginalité, liberté, prisons et punitions, violence, l’enfer de l’histoire, les bons sujets.» nous dit l’auteur.

Avant y’a eu Zola…

«Tenant sa cigarette dans sa petite griffe de main, elle l’éteint en se l’enfonçant dans l’avant-bras, juste pour avoir pensé à ça. sa peau frémit et brûle. Dehors, rien ne change. Dedans non plus.»

Bon, ben maintenant je vais vite aller prendre l’air de la campagne et en rentrant je vais me faire une dose de poésie bien mièvre, genre Alfred de Musset tiens.

OUF !

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