Suzanne et le Pacifique de Jean Giraudoux

« Toute l’île au moindre vent était ébouriffée. »

Vous voulez savoir ce qu’il advint de la belle Suzanne, la sauvage blanche ?

Alors…

Larguez vos pesantes amarres de certitudes, jetez vos lourdes et boueuses chaussures terre à terre par-dessus bord et partez rejoindre Suzanne…

Robinsonnade au féminin, traité sur le bonheur, « Suzanne et le Pacifique » est un pied de nez à Pascal, un pari de « l’eudémonisme païen ».

Dans cette île, peuplée de mots, où tout n’est que poésie et volupté, Giraudoux invente une langue nouvelle.

Un luxe !

Giraudoux nous mène en bateau et faut se laisser faire…se laisser aller…
Loin, loin, bien loin de ce fatigant Robinson, cloueur, ficeleur, scieur, qui ne pense qu’à « encombrer déjà sa pauvre île, comme sa nation plus tard allait faire le monde, de pacotille et de fer-blanc. »

Tandis que Robinson, désespérément, s’occupe à confectionner un calendrier en faisant des entailles dans un morceau de bois, Suzanne, elle, use ses jours à se poncer les jambes et à les frotter d’une poudre de nacre qui les rendait d’argent même sous les rayons de soleil.

Suzanne se fait belle. La belle au paradis.

Rien que pour nous. Rien que pour notre plaisir.

Tandis que Robinson, tatillon et superstitieux, dispose un mannequin pour effrayer les oiseaux, Suzanne, elle, admire les milliers d’oiseaux inconnus qui flottent comme une langue nouvelle.
Précieux mots de Giraudoux.
Bien sûr, ce n’est pas vrai « qu’un navire passa, un matin, à peu de milles…c’était l’époque où je portais encore une tunique ; du promontoire je l’agitai, la plus indigne des héroïnes ; pour des hommes, qui du moins ne virent pas, je me mis nue. »

Et alors ?

La belle Suzanne ne s’encombre de rien. Elle vit son île. Elle devient île. Elle se confond avec l’île. Elle est une île.
Robinson, le seul homme que Suzanne n’aurait pas aimé rencontrer dans une île…

Suzanne, la seule femme que j’aurais aimé rencontrer sur une île…

Entre l' » anarchisme distingué  » de Giraudoux (Philippe Soupault) et le matérialisme laborieux de Defoe, j’ai choisi mon camp, euh, non,mon île…

Un peu de poésie dans ce monde de brutes…

Lu, relu, re-relu et re-re-relu…

Ceci est MON livre de chevet !

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