Et la mort se lèvera de Jacques Olivier Bosco

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« Ils n’avaient pas trouvé le gars, mais il y avait quand même eu du grabuge. C’était ça le problème quand les histoires de truands devenaient des histoires de famille. Cela tournait à la tragédie.
Et ce n’était que le début. »

Jacques Olivier Bosco est l’auteur de l’excellent « Aimer et laisser mourir » et du très recommandable « Le cramé » parus chez les remarquables Editions JIGAL.

Le lecteur (re)découvre Lucas Murneau qui aime et laisse mourir.
Lucas Murneau, dit « Le Maudit » en cavale en Amérique du Sud.
Une femme, Angelina, laissée pour (mauvais) comptes sur la Côte d’Azur et une fille jamais vue.
Lucas Murneau est un tueur à gages avec des principes : ne pas toucher aux femmes et aux enfants…premier bon point.
Lucas Murneau est un tueur professionnel avec des lectures : Nietzsche et Jack London…deuxième bon point.

Lucas Murneau tue à tours de bras en Colombie. Il est riche et seul.
Il envisage de rentrer en France pour enfin voir sa fille et sa petite fille de trois ans.
Lucas Murneau a du coeur…troisième bon point.

Un « héros » aimable donc qui veut « se ranger des voitures » comme on dit dans le milieu.

Oui mais voilà qu’une horrible bavure va réveiller la bête qui tente de sommeiller chez notre héros.

Sa fille et sa petite fille sont atrocement massacrées par une bande de truands niçois.
Rappel : Lucas Murneau est un tueur à gages avec des principes : ne pas toucher aux femmes et aux enfants…

A Nice règne le clan des Ranzotti mené d’un main de fer par le patriarche Franco.
La famille Ranzotti magouille avec la mafia italienne et sicilienne.
La bavure c’est eux…

C’est un polar sur le code d’honneur, la vengeance , l’omerta et la vendetta.
Avec sa panoplie de grosses berlines, de femmes allumeuses (Sofia la petite comtesse sort du lot), de gros calibres, de montres en or et de lunettes noires.

Ici ça flingue à toutes les pages entre de très belles scènes décoratives à la Baie des Anges, la Promenade des Anglais, la Place Garibaldi.
Bosco aime son Nice.

L’écriture de Bosco est encore et toujours efficace, énergique et remuante.
Tout va très vite et le lecteur reste bien accroché jusqu’au bout.

En fond d’écran défilent les films « Le Clan des Siciliens », « Deux hommes dans la ville » ou « Le deuxième souffle ».

Bosco affiche son admiration pour l’écrivain, scénariste et réalisateur José Giovanni… »son maître ».
Hommage très discutable quand on connaît le trouble passé de Giovanni pendant la deuxième guerre mondiale…

Voilà un polar qui devrait plaire aux amateurs de sensations fortes.

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3 réflexions sur “Et la mort se lèvera de Jacques Olivier Bosco

  1. Bonjour Cripure et merci pour ta chronique, je voulais juste expliquer que Giovanni avait lu mes premiers textes ( en 1998) et était le seul a m’avoir encouragé à continuer d écrire, nous avons beaucoup correspondu et j’ai lu tous ses livres, dont certains que tu cites (et Le trou) m’ont impressionnés, tous comme Les hauts murs et La Loi des rues de Le breton que je viens de relire. J’avais lu la bio de Giovanni mais je n’avais vu nulle part des histoires de collabo ou de racket de juifs ( j’imagines que c’est ce que supposes tes mots) et même si je l’avais su, l’homme que je connaissais s’en serait repenti ( enfin je l’espère). En tous cas, c’est vrai, pour moi c’est un ( UN et non MON*) maître du roman noir de cette époque. Pour ma part j’ai une approche libertaire ( et énervée parce que fataliste) de la vie politique et je pense que, si j’avais été un combattant de cette époque, je n’aurais pas hésité à foutre une bombe chez Céline ( et Giovanni du coup s’il a fait ce que l’on suppose) avant qu’il ne se barre en cavale, et pourtant, Dieu que j’aime son écriture. Tout comme j’adore ton site et celui d’Unwalker.
    Pour mes bouquins, j’ai du être traumatisé par les westerns et les films des années soixante-dix, tu remarqueras aussi que mes héros mènent leur vie à leur guise, et assez violement. Pour finir, je pense que tous les hommes sont égaux, même si, souvent, le loup mange l’homme.
    (* j’ai mis  » Un maître », pour le remercier de ses encouragements, une sorte de dette, on n’a toujours parlé que d’écriture et de polar.)
    JOB en toute sympathie et intelligence

    • Ha oui, aussi, c’est Lucas Murneau, et non Morneau, le nom du tueur, encore un hommage, au cinéaste cette fois ( j’espère qu’il était clean) ( en plus tu le cites cinq fois)
      : )
      JOB

    • Bonjour JOB et avant tout merci pour les bons moments de lecture.

      J’ai corrigé le Murneau. J’avais bien saisi la référence à ce grand cinéaste de l’ expressionnisme, mouvement artistique que j’adore.
      Beaucoup d’artistes de ce courant allemand, écrivains et peintres, ont lutté très tôt contre le nazisme et y ont laissé leurs vies, souvent très jeunes (lire les excellents livres de JM Palmier, une référence sur ce sujet).
      J’en avais déjà parlé dans ma chronique de «Aimer et laisser mourir».
      Toutes mes excuses.

      Concernant le «trouble passé» de Giovanni. C’est un fait. C’est comme ça. je ne juge pas cet homme mais je me devais de le préciser. Les curieux chercheront ce qu’ils veulent bien y trouver dans les biographies de Giovanni.
      «J’ai payé. J’ai droit au pardon et à l’oubli» avouera t-il lui-même plus tard quand ce passé refoulé et étrangement peu relayé par la presse française ressurgira…
      Je respecte votre «admiration» pour Giovanni. Je la comprends. «Le trou» est un livre magnifique
      Beaucoup de truands ont collaboré comme beaucoup d’autres se sont engagés dans la résistance. Tout cela n’est pas si simple que cela. Tout n’est pas tout blanc ou tout noir. Ces périodes là, comme celles des révolutions, sont des moments très troubles pour tout le monde et je me garderais bien de dire ce que j’aurais fait…Mais surtout pas déposer une bombe chez Céline…cet immense écrivain…cet excécrable homme.
      Céline n’a jamais tué personne ou alors avec des…mots.
      Les intellectuels, les écrivains ne sont pas exempts de lacheté ou de cruauté.
      Après tout les dignitaires nazis étaient de «grands intellectuels», très cultivés et bardés de diplômes.
      En france pendant l’occupation certains furent des héros combattants debouts, comme le magnifique et lumineux poète René Char, arme à la main dans le maquis. D’autres des zéros paradants assis, comme le prolifique et fumeux Sartre, verbe à la main sous les lambris nazillants.
      Je suis un anarchiste qui lutte contre la fatalité et un fidèle lecteur de Nietsche, de Conrad, de Georges Palante, de Victor Serge et du grand Panaït Istrati.
      Mon livre de chevet reste et restera le «Sang noir» de Louis Guilloux, un chef d’oeuvre pour qui veut bien se plonger dans le noir profond de la nature humaine.
      Je vous le conseille vivement et je suis prêt à vous le rembourser au cas où il vous aurait déplu mais je ne prends aucun risque…

      Je vous souhaite bien du bonheur d’écriture et vivement le prochain JOB…

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