Pornographie du temps présent de Alain Badiou

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« Un présent fait défaut. » Mallarmé

Le philosophe Alain Badiou, guidé-inspiré par la pièce de théâtre « Le Balcon » de Jean Genet, nous propose ici une critique radicale de la démocratie.
Comme souvent (très souvent à mon goût) Alain Badiou nous bouscule, nous interpelle, nous provoque, nous chatouille là où ça fait mal…pour notre plus grand bien !

Ce court texte d’une quarantaine de pages est la reprise intégrale d’une conférence intitulée « Images du temps présent » donnée en janvier 2013 à la Sorbonne.

De la démocratie considérée comme notre fétiche, un bordel, le Phallus de notre présent.
Rien que ça !

Le pouvoir démocratique cacherait sa « férocité » derrière une (pro)fusion d’images obscènes, sophistiquées et marchandes.
Son but : nous pousser à consommer dans l’illusion d’un monde connecté…le fameux-fumeux « Village Global » d’Internet.

« Le bordel, c’est le lieu où s’évalue et se fixe le prix moyen du désir. C’est le marché des images. » nous prévient Badiou.

En dehors de ce bordel savamment organisé survivrait la fureur de ceux qui résistent, qui rêvent…comme un désir de révolution.
Nous devons nous « désencombrer », « désimager », « désimaniger ».
Nous devons oser les utopies.

« Il est aujourd’hui sentimentalement obligatoire d’être démocrate. Le féroce pouvoir nu qui nous détruit se fait reconnaitre et même aimer par tous, dès lors qu’il se couvre du mot démocratie…Nous devons avant tout traiter méthodiquement cette obligation et cet amour. » scande Badiou tel un Léo Ferré au plus grand de sa forme.

Critiquer le capitalisme ne suffit pas, ne suffit plus. Il faut aller plus loin, penser plus loin.
Oser fustiger la démocratie, un système politique encore trop inégalitaire.

Oui mais pour aller où ?
Comment ?
Avec qui ?

Là, Badiou reste (trop souvent à mon goût) imprécis.
Vers un monde qui ferait advenir l’égalité réelle de l’humanité toute entière.
Mais encore ?
Certes Badiou a toujours eu l’honnêteté voire le courage de refuser de porter le drapeau, le chapeau des dictatures communistes.
Il ne donne pas de leçons contrairement aux Alain Minc et autres Jacques Séguéla et leurs discours moralisateurs, contrairement aux nouveaux et envahissants économistes-gourous qui prétendent nous apprendre à vivre.

Un livre remuant pour éviter de ronronner, de s’assoupir !

« Nos poètes tuent ce qu’ils voudraient faire vivre. » Jean Genet.

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