Pietra Viva de Léonor de Récondo

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«Ne regardez pas mon visage, il est laid. regardez plutôt mes mains ! Elles sont si puissantes qu’elles façonnent la réalité, qu’elles donnent vie à la pierre.»

1505.
Michelangelo quitte Rome pour le village de Carrare.
Il doit construire un caveau : commande du Pape Jules II.
Trente ans, l’artiste solitaire a déjà sculpté sa Piéta.
Il va vivre, revivre, survivre les souvenirs dans ce village montagneux de Carrare.
Carrare, le village des carrières de marbre, des tailleurs de pierres.

« J’ai vu un ange dans le marbre et j’ai seulement ciselé jusqu’à l’en libérer. » Michelangelo.

Michelangelo vient de découvrir le corps sans vie d’Andrea, un jeune moine.
Une mort mystérieuse.

Cher lecteur, Léonor de Recondo nous plonge dans l’Italie du XVI ème siècle en compagnie du génial Michelangelo.
Rien que ça !
Un cadeau de lecture !
Un voyage lumineux et poétique. Un roman magnifique sur la vie et la mort. Sur l’art éphémère et…éternel.

L’écriture musicale de Léonor de Récondo, touches d’émotions, régale à la lecture. L’auteure n’est pas musicienne pour rien !

«Dans une pierre vive
L’art veut que pour toujours
Y vive le visage de l’aimée.»
Michelangelo Buonarroti.

Clichy de Vincent Jolit

clichy-vincent-jolit-9782732460260« Pour Aimée, le texte qu’elle a sous les yeux n’est pas français. Ou alors, si, du français comme l’écrivent les enfants: ponctuation aléatoire, excitation improbable, enchaînement incohérent.»

1929 à Paris.
«Paris et ses monuments, l’émerveillement des grandes avenues, la majesté de la tour Eiffel, la douceur des parcs, le bruit réconfortant des bistrots.»

1929 à Clichy.
«Clichy, à cette époque, on ne sait pas trop ce que c’est. Plus vraiment la campagne, pas encore Paris. Une ville poisseuse, grise et humide. Déjà l’endroit où la capitale déverse ses déchets et ses indésirables.»

1929. La Grande Guerre se cicatrise…en attendant la prochaine…

Aimée est secrétaire au dispensaire du 10, rue Fanny, à Clichy.
Dispensaire d’hygiène sociale où l’on soigne toute la misère du monde.

Habillé de tricots mangés par les mites, pouilleux comme ses malades, un certain Louis Ferdinand Céline reçoit les tuberculeux et autres syphilitiques. Un médecin des pauvres.

Aimée, fille unique de bretons émigrés à Paris.
Aimée, on pourrait l’oublier.

Céline écrit son «Voyage au bout de la nuit.»
Céline, on ne l’oubliera pas.

L’écrivain propose à Aimée de dactylographier son premier roman.
Céline lui apporte ses brouillons dans une brouette.
Aimée sera donc la première lectrice de ce roman qui va révolutionner la littérature.
Aimée choquée, dégoûtée par ce style anarchique, ces expressions vulgaires, ces personnages lubriques.

Cette Aimée est très attachante. La troublante relation qui, petit à petit, s’installe entre Aimée et Louis est touchante à lire.

J’ai trouvé ce livre vraiment agréable. Un très bon moment de lecture, c’est déjà beaucoup non ?

Vincent Jolit est né en 1978 à Hyères dans le Var. Après l’obtention de son DEA de Lettres modernes consacré à l’intertextualité romanesque, il devient bibliothécaire à la médiathèque de Hyères. Il vit actuellement à Toulon.

«Clichy» est son premier roman. Et là je dis : «Bravo et merci !»

«L’originalité est très peu de chose. C’est plutôt une petite technique, nouvelle, par exemple comme le crawl à la place de la brasse…» (Céline)
Le style de Céline invente un crawl littéraire.

Mon cabinet de culture de Guy Solenn

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Vous voulez vous muscler le cerveau pour pouvoir rouler des méninges, gonfler vos neurones au salon où l’on cause et ainsi briller, jusqu’à l’aveuglement, d’intelligence comme un luisant culturiste ?

«En matière de culture, je fais mon marché tout seul. Je suis le terrain, je sais ce qui pousse.» disait le cher et regretté Topor.

Alors moi aussi j’ai fait mon petit marché et j’ai trouvé ce petit livre qui m’a fait de l’oeil sur les étals de ma librairie préférée.

Ce livre s’inspire des cabinets de curiosités chers à la Renaissance : un incroyable bric-à-brac de savoirs, d’extraits de textes classiques et d’informations insolites, plus ou moins utiles.

Un livre à feuilleter dans tous les sens, à lire au gré des pages.

Découpé en chapitres : curiosités du monde et de la nature, constructions et architecture, médecine et anatomie, grands procés et grandes lois, hauts personnages, monde animal, ce livre parle de tout et de rien.

Encore un livre pour les curieux. Les curieux de tout et de rien.

Cher lecteur, savez-vous que le réalisateur et cinéaste David Lynch collectionne les chewing-gums mâchés par ses amis ?

Ami lecteur, savez-vous qu’Aristarque de Samos avait inventé l’héliocentrisme dix-huit siècles avant Copernic ?

Frère lecteur, savez-vous d’où vient l’expression «jeudi noir» ?

Camarade lecteur, connaissez-vous les dix commandements sur le bout des doigts ?

Curieux lecteur, savez-vous qu’une chevelure humaine compte 250 cheveux par cm2 ?

Bien aimé lecteur, savez-vous que Rimbaud avait laissé un graffiti sur les ruines du temple de Louxor ?

Compère lecteur, connaissez-vous l’origine du mot «jean» ?

Voilà, voilà.
Je vous avais prévenus, fidèles lecteurs, ce livre est un réjouissant capharnaüm !

De quoi combler vos moments perdus…

Un livre à offrir peut-être ?

La confrérie des chasseurs de livres de Raphaël Jerusalmy

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Un titre accrocheur, une image de couverture attirante, un héros nommé François Villon, une intrigue rebondissante, des escarmouches «en veux-tu en voilà», des contrées magiques à visiter, voilà de quoi alpaguer le chaland qui hante les librairies à la recherche de dépaysement.

Un livre d’aventures, c’est toujours bon à prendre !

Le poète-brigand auteur de la célèbre «Ballade des pendus», François Villon, se retrouve, en échange de sa liberté, compromis dans un obscur complot qui va nous mener jusqu’à Jérusalem.

Raphaël Jérusalmy invente un chemin romanesque là où se perdent les traces de François Villon.

«Le 5 janvier 1463, le Parlement casse le jugement et le bannit de Paris. Nul ne sait ce qu’il advint de lui par la suite.»
Il a trente-deux ans.

Et nous voilà transportés dans le Paris du XVème siècle, la France de Louis XI.
C’est le temps des premières imprimeries de Mayence, de la sainte Inquisition, des premiers écrits réformistes rédigés par un obscur curé de la Forêt Noire, d’une Jérusalem mystérieuse et ténébreuse dominée par un gouverneur mamelouk.

Amoureux des livres, ce roman est fait pour vous !

Promis, vous allez palpiter au fil des pages dans le monde secret de la Confrérie des chasseurs de livres.
Promis, juré, vous allez vibrer dans le monde tumultueux de l’histoire des idées.
Promis, juré, craché, vous alllez frémir auprès des hérétiques, des alchimistes, des savants, des imprimeurs clandestins, des Coquillards et des moines copistes.

Ce roman a un petit air de «Angélique Marquise des Anges» et de «Au nom de la Rose».
Un très bon moment de lecture, c’est déjà beaucoup, non ?

Je vous conseille de lire ce livre accompagné du superbe «Quattrocento» de Stephen Greenblatt, l’histoire de Le Pogge, un humaniste florentin qui, en 1417, découvre un manuscrit perdu qui changera le cours de l’Histoire.

«Frères humains qui après nous vivez
N’ayez les cœurs contre nous endurcis,
Car, se pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tost de vous merciz.
Vous nous voyez cy attachez cinq, six
Quant de la chair, que trop avons nourrie,
Elle est pieça devoree et pourrie,
Et nous les os, devenons cendre et pouldre.
De nostre mal personne ne s’en rie :
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!»

La ballade des pendus de Villon