Voici le temps des assassins de Gilles Verdet

Mise en page 1

« La poésie me volera ma mort. » René Char

Un bouquin qui commence par un citation du grand poète René Char ne peut pas être mauvais.
Impossible.

Et ce polar de Gilles Verdet n’est pas mauvais…loin de là. Surtout pas.
Il est même excellent.
Encore une belle récolte de chez JIGAL. Merci !
Un nouveau régal de JIGAL (slogan publicitaire).

Bon sang que ce Gilles Verdet aime les mots.
Villon, Ferré, Verlaine et Rimbaud sont à la fête et ça tourne comme un beau manège à chaque ligne.
Vertiges de l’amour.
Cher futur heureux lecteur, vous allez en prendre plein les mirettes.

Et le pompon c’est que le bouquin tient ses promesses jusqu’au dernier mot.
J’en redemande. Prêt pour un nouveau tour. Allez Verdet mets toi au boulot pour une nouvelle attraction. Je réserve déjà mon ticket.

« Le ciel de mai avait la couleur du plomb fondu. Le jour était sale. Et si bas qu’il avalait à demi le clocher de Saint-Germain-des-Près. »

Un braquage de bijouterie qui finit pas comme prévu.
Paul et Simon sont dans un bateau. Simon tombe à l’eau. Qui restera ?
Paul et ses fantômes d’amours perdus. Et sa Lyse bien aimée.

« Simon s’écroula en jurant. Il portait la main à son ventre. Là où coulait son sang frais. Une des ombres tenta de s’emparer du sac de joaillerie. Lui n’en finissait plus de jurer. Ca a dû énerver la flingueuse. Elle a fourré son arme dans la visière ouverte et tiré encore une fois, à bout portant, pour être sûre. »

Simon tombe.

Et Paul va se retrouver seul contre tous dans un Paris magnifié par Verdet.
Un régal vous dis-je.
Bienvenu au club des Vilains Bonshommes. Voici venu le temps des assassins.

«  Avant que le sommeil m’attrape, j’ai lorgné une dernière fois sur le mur pissotière. Mes arabesques humides avaient déjà séché comme des larmes inutiles. Sur le travers, à hauteur d’homme, un graffiti m’attira l’œil. Est-ce que c’était moi qui l’avais écrit ? J’avais beau lire et relire, je ne me souvenais plus de rien. Voici le temps des assassins. J’ai fermé les rideaux. »

La Commune de 1870 ressuscitée.
Rappelée au désordre.
Comme une revanche.
Une vengeance.
Les années soixante-dix et ses illusions libertaires. La révolution des esprits des simples d’esprit, « sincères, idéalistes mais cons, quoi ! »

Georges, Guillaume, Bernard, Pierrot, Simon et Paul.
Tous enfants rescapés d’un rêve perdu d’avance. Tous pères d’un cauchemar « aux yeux rieurs, aux cheveux noirs et longs… »

La Commune n’est pas morte. Elle revient comme un mauvais souvenir.

Et puis l’ombre de Mikhail Kalachnikov. Et puis le soleil de Jeannette.

Y’a tout ça dans le livre de Verdet et c’est beau.

«Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la peine

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure »
(Guillaume Apollinaire)

Verdet nous montre le monde à l’envers.
« Le contrechamp des apparences ».

Et bien loin des faciles et factices clichés Verdet nous embarque dans son blues aux mots cadencés, fignolés au plaisir, ciselés au crochet.

Une sacrée belle partition aux noires inoubliables !

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