Une vie entre deux océans de M.L. Stedman

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«Les océans n’ont pas de limites. Ils ne connaissent ni début ni fin. Le vent ne s’arrête jamais. Il lui arrive de disparaître, mais uniquement pour reprendre des forces ailleurs, et il revient se jeter contre l’île, comme pour signifier quelque chose…»

«Une vie entre deux océans» est le premier roman de l’australienne M.L. Stedman.
Et là, livre fini, fermé, encore tout chaud entre mes mains tremblantes d’exaltation, les bras ballants d’émotion, les yeux embués de larmes, je dis bravo et merci pour ce grand, très grand moment de lecture.

Quelle histoire ! Mais quelle histoire !
Tom Sherbourne est de retour de la guerre des tranchées. La tête encore envahie de cauchemars.
Il rentre en Australie.
Tom est gardien de phare sur l’île sauvage de Janus.
Loin de tout.
Il vit des jours paisibles, rythmés par les marées et les tempêtes, avec sa femme Isabel.
Isabel subit, coup sur coup, deux interruptions de grossesse.
Puis accouche d’un enfant mort-né.

Quand échoue sur une plage de l’île de Janus une petite barque…
A son bord un homme mort et un bébé sain et sauf.
Une petite fille.

Voilà le début de l’histoire.
De quoi imaginer le meilleur…comme le pire…
«Ici, l’existence se déroule sur une échelle de géants; les rochers, qui, de loin, ressemblent à des dés jetés contre les côtes, sont des blocs larges de plusieurs dizaines de mètres, léchés par les vagues depuis des millénaires, projetés les uns contre les autres jusqu’à s’entasser en une pile verticale.»

Frère lecteur, je ne vais pas aller plus loin.
Je vous abandonne ici. Et je vous souhaite un bon voyage en Australie.

Ce livre me rappelle le magnifique et envoûtant (et trop méconnu) «Le gardien du feu» de Anatole Le Braz.
« Lorsqu’on la contemple en toute sécurité de la chambre d’un phare ou de la maisonnette blanche d’un sémaphore, comme cela, oui, je comprends la mer. Autrement, non ! Paradis des hommes, mais enfer des femmes !….» écrivait Le Braz.

Préparez vos mouchoirs…
Un gros coup de coeur pour moi !

«Bientôt, les jours se refermeront sur leurs existences, l’herbe poussera sur leurs tombes, jusqu’à ce que leur histoire se résume à quelques mots gravés sur une stèle que l’on ne vient jamais voir.»

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L’éveil de Mademoiselle Prim de N. Sanmartin Fenollera

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Le bonheur est dans le pré.

Un roman optimiste : une denrée rare.
Alors faut pas se priver, pas hésiter : servez-vous une tasse de «L’éveil de mademoiselle Prim», vous verrez ça fait du bien.

A Saint-Irénée d’Arnois (c’est où ça ?) vit une étrange communauté : des hors-la-loi romantiques.
Un village tranquille et cultivé qui cultive le bonheur comme d’autres cultivent du maïs transgénique.
Loin des éxubérantes mégalopoles.
Ses habitants, tous plus originaux les uns que les autres, ont fui les villes hostiles.
Ils veulent «protéger leurs enfants de l’influence du monde, revenir à la pureté des moeurs, retrouver la splendeur de l’ancienne culture.»

Une secte ? Des nouveaus Amish ? Des bobos ? Des illuminés ?

Point de tout cela cher lecteur impatient et curieux, vous le saurez en lisant ce livre qui se déguste comme une bonne truffe au chocolat.

Et c’est dans cet étonnant village que va «atterrir» Mademoiselle Prudence Prim pour un poste de bibliothécaire auprès d’un énigmatique monsieur, «l’homme du fauteuil» (on ne connaitra jamais son nom), une sorte de gentleman «à l’ancienne».

Ici les enfants se prénomment Téséris, Deka, Eksi ou Septimus. Ils ne sont jamais allés à l’école mais connaissent sur le bout des doigts le latin et le grec, lisent Saint Augustin et Virgile.
Ils pratiquent l’escrime et respectent les codes de la chevalerie.

Un paradis perdu, une fable, une bluette insignifiante, un premier roman très original que j’ai lu avec un grand plaisir.

Ce roman est un petit bonheur de lecture, bavard et confortable, hors du temps. A découvrir !

Vivement conseillé avec la tasse de thé et le feu de cheminée qui vont avec !

« Malgré le chaos que vous voyez dans ma bibliothèque (…) il n’y a pas une seule virgule improvisée dans l’éducation des enfants. Ni aucun des livres qui leur passent entre les mains qui ne soient auparavant passé entre les miennes. Ce n’est pas un hasard s’ils ont lu Carroll avant Dickens et celui-ci avant Homère. Il n’y a rien de fortuit dans le fait qu’ils aient appris à rimer avec Stevenson avant d’arriver à Tennyson, ni qu’ils soient arrivés à Tennyson avant d’en venir à Virgile. Ils ont connu Blanche-Neige, Pierrot le Lapin et les enfants perdus avant Oliver Twist, Gulliver et Robinson Crusoé, et ceux-ci avant Ulysse, don Quichotte, Faust ou le roi Lear. Et ils l’ont fait dans cet ordre parce que je l’ai voulu ainsi. Ils grandissent avec de bonnes lectures avant d’être capables d’assimiler ensuite de grandes lectures. »