Je viens de lire mais j’ai pas le temps d’écrire…

« La filière afghane » de Pierre Pouchairet (Jigal) **

Un très bon polar qui va de Nice à Kaboul, de dealers aux terroristes.

« La dernière fugitive » de Tracy Chevalier (Folio) ****

Magnifique roman de l’Amérique et de l’esclavagisme.

« Les vrais durs meurent aussi » de Maurice Gouiran (Jigal) **

Excellent polar avec comme toiles de fonds la 2ème guerre mondiale, l’Indochine.

« Après la guerre » de Hervé Le Corre (Payot) ****

Superbe polar à Bordeaux après guerre où les collabos font encore leurs lois.

« Vivre cent jours en un » de Philippe Broussard (Stock) **

Pour les fans (comme moi) de Billie Holiday.

« Swan Peak » de James Lee Burke (Rivages) ***

Magnifique et tendu.

Swan Peak de James Lee Burke

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Autant vous prévenir j’ai adoré lire ce livre.
L’écriture de Burke et sa traduction ont tout pour nous plaire.
La description des paysages lumineux du Montana et des sombres personnages est un plaisir à lire.
L’intrigue angoissante nous tient aux aguets jusqu’au bout.

Et dire que Dave Robicheaux, en congé de ses fonctions de shérif adjoint de New Iberia, venait pêcher, tranquille, avec sa femme, Molly, et son ami Clete Purcel.

Et voilà que les ennuis ne font que commencer.
Deux jeunes étudiants sont retrouvés morts atrocement mutilés.
Et l’auteur va nous défiler le fil d’histoires hantées de passés, de survies et de rédemption.

Et c’est parti pour un polar (teinté au thriller) palpitant, difficile à lâcher.

Je n’avais pas trop accroché ses précédents romans mais celui-là m’a bien tenu en laisse pendant plusieurs nuits de lecture.

Chaudement recommandé !

Bohemian Flats de M R Ellis

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C’est une saga familiale qui couvre plusieurs décennies.
Celle de la famille Kaufmann.
Des allemands qui vont émigrer vers l’Amérique.
Et nous allons les suivre de 1881 à 1968.

Banlieue de Minneapolis au bord du Mississippi : les quartiers de Bohemian Flats. Lieu d’accueil misérable des immigrés tchèques, suédois, irlandais…le Melting pot américain se fabrique sous nos yeux dans des baraques en bois brinquebalantes.

C’est une partie de la mémoire des Etats-Unis que nous conte Ellis.
Je retrouve tout le talent de cet auteur que j’avais déjà beaucoup aimé dans son « Wisconsin ».

Ellis sait magnifiquement nous raconter l’Amérique.

« Et puis il y avait le Mississippi, ses offrandes et ses débordements, fleuve
qui les comblait et les maudissait comme un dieu. Mais un dieu qu’ils comprenaient, un dieu qui était là, à leurs pieds. »

Un goût de cannelle et d’espoir de Sarah McCoy

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C’est un beau roman, c’est une belle histoire, ils partirent vers l’Amérique…

Nous sommes en Allemagne durant l’hiver 1944.
Le régime nazi, à l’agonie, continue à déporter et à faire le mal.

Au 56 Ludwigstrasse à Garmisch la boulangerie Schmidt, malgré les restrictions, prépare Noël.

La jeune Elsie, 16 ans, va recueillir et cacher en secret un enfant juif en fuite.

Ses parents, sans adhérer au nazisme, restent des patriotes dévoués.
Sa sœur Anzel est partie volontaire au Lebensborn.
Le Lebensborn (Association de l’Allemagne nationale-socialiste, patronnée par l’État et gérée par la SS) une sorte de « crèche-bordel » pour officiers SS qui enfantaient des femmes pour sauvegarder la race aryenne.

Et c’est l’histoire de cette magnifique Elsie que va nous conter Sarah MacCoy.
La vie de cette femme héroïque va défiler au fil des pages sous nos yeux souvent embués d’émotion.
La guerre vue du côté allemand, l’exil en Amérique…

La littérature est «maîtresse des nuances» disait Barthes.
La littérature «s’embarrasse» de nuances.
Ne se sépare de personne.
Elle s’intéresse aux différences, aux subtiles différences, aux sensibles singularités.
Elle veut essayer de comprendre sans chercher à expliquer-démontrer. Juste raconter.

C’est tout simplement, tout magnifiquement ce que nous raconte ce livre.

Les ailes du sphinx et L’âge du doute d’Andréa Camilleri

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Deux Camilleri lus de suite.

Deux enquêtes du commissaire Montalbano dit le « dottori ».

« Les ailes du sphinx » et « L’âge du doute ».

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Le commissaire Montalbano est en Italie aussi vénéré que l’inspecteur Rébus de Ian Rankin en Ecosse.

Dans « Les ailes du sphinx » le « dottori » enquête sur une affaire de trafic de femmes en provenance de l’Est qui va jusqu’à viser les grands pontes de l’Eglise et de la politique.

Dans « L’âge du doute », le « dottori » accuse le coup : il se sent vieilli. Quand apparaît Laura Belladonna et ses illusions prometteuses. Une affaire de trafic de diamants à bord d’un yacht de luxe.

La langue de Camilleri, mélange d’italien et de sicilien traditionnel, accompagné de plats sicilien, est succulente à lire.
Un régal !
L’humour de Camilleri nous fait tordre de rire et l’on se voit au fil des pages rire à haute voix.

Les personnages, dits secondaires, le dottor Lactes, le questeur Bonetti-Alderrighi, Catarella, Mimi Auggello, Fazio, Enzo, Livia et bien d’autres vont revenir dans toutes les enquêtes de Montalbano et c’est avec un plaisir non dissimulé que nous allons les retrouver.

Des petits polars légers et ensoleillés à lire à l’ombre d’un été.
A déguster sans modération.
Vivement le prochain…

Frog Music de Emma Donoghue

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« Certains meurtres gagnent à n’être jamais élucidés, peut-être. Comme certaines cicatrices gagnent à rester dissimulées. »

Nous sommes à San Francisco en 1876. Une ville d’à peine trente ans d’âge.
Une ville toute neuve du bout de la conquête de l’ouest.
Une ville du Far West qui se met debout.

« Le rêve californien tourne court, pour la plupart de ceux qui ont réussi à arriver jusqu’ici…Des fortunes restent à bâtir, mais seuls ceux qui possèdent l’énergie nécessaire y parviendront… »

Une ville du bout du monde.

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L’été 1876. San Francisco meurt de chaleur et souffre d’une épidémie de variole.

L’été des lynchages de chinois de Chinatown. La variole c’est eux.

L’été de Blanche la française, danseuse au bordel de Sacramento Street, le « House of Mirrors ».
Et son Arthur…et son Ernest.

Des anciens artistes de cirque qui ont quitté la France pour se refaire une nouvelle vie. Un trio sans foi ni loi.

« Blanche est experte dans l’art d’aguicher. C’est une allumeuse, qui s’y entend comme personne pour faire naître une flamme, la moucher, la rallumer, la souffler à nouveau. »

Et les michetons sont prêts à payer très cher : le jeu en vaut la chandelle.

Le bonheur, presque, parfait.

Un enfant P’tit. L’enfant d’Arthur, le mac-aimé, et de Blanche. Abandonné dans une sorte de « ferme à bébés ».
Pourquoi s’encombrer d’un enfant ?
Le jeu, la danse, l’amour, la liberté n’a pas besoin d’un enfant dans les pattes.

Le bonheur…ou le semblant d’un bonheur.
Après tout ici à San Francisco rien n’est encore vraiment vrai.

Jusqu’au jour où Blanche va rencontrer Jenny la chasseuse de grenouilles habillée en pantalon.
Une sacrée originale celle-là. Une joyeuse emmerdeuse qui roule en Grand-bi un Colt dans la poche.
Sans foi ni toit.

Blanche et Jenny vont se lier d’amitié pour le meilleur et…le pire.

Qui a tué Jenny cette nuit au Eight Mile House près de la gare de San Miguel là où la ville de San Francisco « rend son dernier râle. »

Emma Donoghue va nous chanter une aventure romanesque envoûtante.
Nous plonger au cœur de la ville, aux chœurs des rues.

Et, chers lecteurs, pour notre plus grand plaisir.
Superbe !

« Oh, California,
That’s the land for me !
I’m bound for San Francisco
With my washbowl on my knee. »

Il était une rivière de Bonnie Jo Campbell

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Quel livre !
Un roman qui vous prend au corps et au cœur.
Qui vous tient sans jamais vous lâcher, sans jamais vous lasser.

« La Stark affluait dans le méandre à Murrayville comme le sang dans le cœur de Margo Crane. »

Difficile de critiquer ce livre tant l’émotion demeure intacte. Longtemps après encore.

Nous voilà dans le Michigan des années soixante-dix.
Murrayville est une cité ouvrière qui vivote près du lac Michigan.
Ici la famille Murray domine son petit monde de père en fils.

La jeune adolescente Margo aime chasser, pêcher, se baigner dans la rivière Stark et sait tirer à la carabine comme personne.
Comme Annie Oakley, figure légendaire de l’ouest américain.

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Margo sait vivre avec la rivière comme son grand-père lui a appris.

Sa mère a abandonné mari et fille pour fuir la rivière et ses secrets.
Margo est élevée par son père.
Quand son père est abattu par un Murray…

Margo va devoir survivre sur le fil de la vie…au fil de l’eau.
A la rencontre de grands hommes et de salauds.

La vie comme un voyage.

Margo va grandir en suivant la rivière.
Une rivière où se noyer, une rivière où renaître.

Ce livre est époustouflant de paysages, gonflé d’émotions et baigné de sagesse et d’espoir.

Un hymne à la liberté.
Inoubliable Margo.

A lire d’urgence !
C’est un ordre !