La Survivance de Claudie Hunzinger


Jenny et Stils, la soixantaine, «des enfants sans enfants», viennent de mettre la clé sous la porte de leur librairie.
Libraire…une espèce en voie de disparition.
«Qu’est-ce qu’on va faire ? Qu’est-ce qui va nous passionner la vie ?
Qu’est-ce que tu fais de ta vie au moment où la société te lâche pour te balancer à la rue ? »
Ils vont trouver refuge à La Survivance. Une ruine à mille mètres d’altitude dans les Vosges.
En guise de catalogue de bricolage deux livres : «Etrangers sur l’Aubrac» de Nicole Lombard et «Ermites dans la Taïga» de Vassili Peskov.

«Tassée, nettement bossue, étrangement seule, un trou béant dans sa toiture, l’air d’avoir été fendue d’un coup de hache, en deux.»

Ils vont devoir (obligés, pas le choix) recommencer à vivre. Violemment. La nature n’est pas toujours tendre.
Alors ils vont refaire le toit, élever des poules, cultiver un jardin et lire, lire, lire : Artaud, Cendrars (eux les sédentaires), Ray Bradbury,
Surveiller des Peaux-Rouges : des cerfs.
Et tenter de passer l’hiver…en clandestins.
«On a du bois, des livres, du riz, beaucoup de riz…»
Rêver, jouer à Matthias Grünewald (peintre et ingénieur hydraulique allemand de la Renaissance) et à Aby Warburg (historien de l’art que la légende veut qu’il ait abandonné l’héritage familial au profit de son frère en échange de l’engagement de celui-ci à lui fournir tous les ouvrages qui lui seraient nécessaires.)
Ils vont survivre dans leur île, leur vaisseau spatial, leur cargaison à sauver.
«Sentiment de fragilité, de peur et de triomphe. On a passé l’hiver. On a survécu.»

Claude Hunzinger, l’auteure, ranime (simule) l’élégance de Giraudoux dans son «Suzanne et le Pacifique» avec son orvet abrité de l’orage dans un livre de Francis Ponge et ses fragments de sauvagerie comme des éclairs.
Claude Hunzinger vit en montagne. Elle fabrique des livres en foin, écrit des pages d’herbe et fabrique des biliothèques en cendres.

Une lecture vivifiante !

«L’art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art.» écrivait Robert Filliou.

«En fait, nous étions façonnés de lectures et de rêves, ce qui pouvait ne pas sembler malin alors que les temps nous demandaient de nous montrer dynamiques, électroniques, immédiats et vifs, hypermodernes, ne sachant même plus ce qu’était un roman.»

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